Pont Blois à bord d'un bateau
©Pont Blois à bord d'un bateau|Thierry Bourgoin
Les ponts de Blois‑ChambordUne lecture originale de l'Histoire locale

L’Histoire à travers les ponts de Blois‑Chambord

5 ponts traversent la Loire sur les 60 km de la destination et bientôt un 6ème…

Lire l’histoire à travers les ponts. C’est possible sur la destination Blois-Chambord. De 1717 à 2024, six ponts aux styles bien différents scandent les 60km du fleuve, de Muides-sur-Loire, en passant par Blois évidemment et en aval à Chaumont-sur-Loire.
En avant pour une découverte chronologique de ces ouvrages d’art.

La traversée de Blois

La ville de Blois a toujours été un lieu de passage important pour une traversée Nord/Sud du territoire. Pour faciliter la manœuvre, les embarcations n’y suffisant plus, de premiers ponts en bois ont été réalisés. Les fondations sont souvent visibles en été, quand la Loire est au plus bas, à proximité du pont de pierre, en aval.

Mais les aléas climatiques ont souvent raison des structures en bois qui accueillent des édifices de plus en plus nombreux (voir le dessin ci-dessous). Le passage des bateaux est aussi souvent complices des chocs violents déjà causés par les débâcles.

Alors que le pont se fait emporter en 1715, il est demandé au tout jeune service des Ponts et Chaussées de concevoir un pont en pierre. Et c’est le blésois Jacques Gabriel qui se met à l’œuvre, premier ingénieur du service. L’ouvrage de 283 mètres devient alors la référence pour les autres villes, avec son profil pentu, ses arches et sa pyramide (appelé aussi obélisque) de 14 mètres au centre de la Loire. Les sculptures visibles uniquement par bateau représentent d’un côté l’Atlantique et de l’autre la source du massif central.

Sa conception fut suivie par l’aménagement des ports et des quais fortement fréquentés.

Le pont résistera à bien des envahisseurs. C’est lors de la seconde Guerre Mondiale qu’il en payera le plus lourd tribu en perdant plusieurs de ses arches. On dit aujourd’hui qu’il est le pont le plus solide parmi ses homologues plus modernes !

Ouvrage des années 30

À Muides-sur-Loire, le premier pont est mis en place en 1843, il est constitué de câbles de fer, porté par des piles en brique et pierre. Il remplace la traversée laborieuse, surtout en hiver, par bateau et filin. Son accès est soumis à péage pendant 40 ans, et le poids d’un véhicule limité à 4 tonnes. Face à l’affluence de la circulation de la Beauce vers la Sologne, un nouvel ouvrage est inauguré en 1932, réalisé dans un matériau moderne le béton armé. Depuis, l’ouvrage aux 6 arches de 330 mètres résiste à l’assaut de la Loire et des saisons grâce à de réguliers travaux d’entretien.

Les années 70

L’explosion de la circulation automobile relance les chantiers des ponts à la fin des années 60. À Blois, le seul pont Jacques Gabriel n’y suffit plus. Son emplacement en cœur de ville ne facilite pas le transport de marchandises en camion qui se développe avec l’émergence des grandes surfaces.

À Chaumont-sur-Loire la question est autre, puisque l’ancien pont fraîchement rénové a été pilonné en 1940 par l’armée française. Depuis lors, une passerelle provisoire est installée, il était temps d’ouvrir le chantier du pont métallique sur piliers de béton.

Les deux ouvrages sont inaugurés la même année, en 1970. Le blésois sera baptisé Charles de Gaulle.

Le dernier pont de Blois...

En 1994, une troisième traversée de la Loire est inaugurée à Blois, pour délester l’ouest de la ville. Le pont historique est dorénavant flanqué du pont Charles de Gaulle à l’Est et du nouveau pont François Mitterrand à l’ouest, inauguré par le Président de la République lui-même (vidéo).

Inauguration par François Mitterrand

2024 : une passerelle pour les déplacements doux

Le XXIème siècle sera symbolisé dans l’Histoire locale par l’implantation d’une passerelle piéton et cyclo. Un ouvrage qui s’appuiera sur les piles de l’ancien barrage situé à l’est, entre le pont Charles de Gaulle et le camping Val de Blois. Il ouvre l’ère des déplacements doux, symbolisant le respect du fleuve classé au patrimoine mondial de l’UNESCO.

Le projet sera complété par l’ajout d’une plateforme panoramique en prolongement de l’ancien pont de chemin de fer. Un lieu privilégié pour embrasser le panorama ligérien.

Rendez-vous en 2024!